Le projet
Le bateau
Les hommes
Le budget
Préparatifs
Partenaires
Le voyage
2016
2017
2018

Tous les articles

Le Départ 26-05-2015

Molene - Bere Island 29-05-2015

Bere Island - Dublin 31-05-2015

Cap sur Greenland 05-06-2015

De Nuuk à Sisimiut 04-07-2015

De Sisimiut à Ilulissat 18-07-2015

Toujours plus nord 29-07-2015

Cap sur le Canada 11-08-2015

Resolute - Gjoa Haven 16-08-2015

Gjoa Haven-Cambridge Bay 23-08-2015

Cambridge-Tuktoyaktuk 28-08-2015

Tuktoyaktuk-Nome 05-09-2015

Nome - Sand Point 17-09-2015

En guise de conclusion 11-10-2015

Tuktoyaktuk-Nome



De Tuktoyaktuk (Territoires du Nord Ouest/Canada) à Nome (Alaska/USA)  (05-14 septembre)

 

Merci tout d’abord à la directrice et au professeur de l’école Mangilaluk de Tuktoyaktuk qui nous ont permis d’utiliser longuement l’accès Internet de l’école afin d’envoyer nos photos du blog vers la France, et de consulter les cartes des glace et la météo marine pour notre trajet à venir.

 

Cette étape de 1100 Milles nautiques (2000 km environ) est l’une des plus longues du passage du Nord Ouest et constitue aussi la dernière partie du passage d’Est en Ouest.

Deux marques de parcours importantes : le Cap Barrow qui est le point le plus au nord de l’Alaska et donc du territoire américain, et le Détroit de Bering qui est la porte de sortie de l’Océan glacial Arctique pour entrer dans l’Océan Pacifique.

Concernant les glaces on peut considérer qu’une fois passé le Cap Barrow en cette saison (mi-septembre) en direction de l’Ouest il n’y a pratiquement plus de risque.

Il ne faut pas trop traîner non plus car statistiquement la Mer de Beaufort recommence à geler à partir de début octobre pour être totalement prise par la banquise vers la mi-octobre.

En ce qui concerne notre parcours de Tuktoyaktuk au Cap Barrow (càd en Mer de Beaufort) les cartes de glaces de la NOAA (établies à partir des données satellitaires) nous montrent d’une part qu’au nord se trouve la grande masse principale de banquise de l’Océan Glacial Arctique qui n’a pas fondu durant l’été et qui pourrait en cas de vent de Nord persistant descendre nous barrer la route, et d’autre part qu’en bordure de côte et orientée parallèlement à elle juste à l’ouest de Barter Island, se trouve sur notre route une autre zone de glaces sous la forme d’une bande de 110 milles de long sur 20 milles de large environ.

Par ailleurs les prévisions météo nous annoncent un coup de vent de nord ouest de l’ordre de 30 nœuds (donc en plein dans le nez) lorsque nous serons au niveau de Barter Island.

Nous pensons donc a priori  passer à terre de cette bande de glace pour trouver éventuellement un mouillage abrité sur la côte vers Barter Island lors du coup de vent et aussi pour bénéficier d’une mer moins forte le long de la côte, à l’abri de la bande de glace.

 

Nous partons donc de Tuk le 05 septembre et naviguons dans les eaux toujours argileuses au large du delta de la Mackenzie River.  Nous heurtons à quatre nœuds un tronc d’arbre difficilement visible, sans dommage heureusement pour la coque en acier de Tiama.

Les conditions de navigation sont plus difficiles qu’en début de passage du nord ouest : mer plus formée (on n’est plus à l’abri entre les îles de l’archipel arctique canadien), les périodes de nuit s’allongent rapidement, les températures sont en baisse, le soleil se fait plus rare ; humidité et brouillard sont souvent présents. Le régulateur d’allure, en panne depuis le Groenland (mèche de safran tordue) n’a pu être réparé correctement et nous devons donc barrer en permanence, sauf lorsque nous faisons route au moteur auquel cas nous utilisons volontiers le pilote automatique électrique. La côte, très plate dans cette région est rarement visible.

Avant d’arriver au niveau de Barter Island, nous demandons à Arnaud (qui nous envoie chaque jour par sms sur le téléphone satellitaire Iridium un résumé de l’état des glaces) une situation précise de la bande de glace qui se trouve sur notre route; il nous indique que cette glace a dérivé vers le sud-est et se trouve maintenant à la côte dans sa partie est, ce qui rend très risqué notre projet de passer entre la côte et la glace. Dans le même temps la météo que nous recevons par fichiers Grib via le téléphone Iridium (et aussi en condensé par Arnaud) nous indique que le coup de vent prévu de nord ouest auparavant n’est plus d’actualité. Nous décidons donc de contourner par le nord cette glace pour continuer notre route vers le Cap Barrow. 

La grande zone de glace principale plus au nord ayant eu la bonne idée de ne pas descendre vers le sud pour nous barrer la route (voir carte) nous franchissons ainsi sans trop de problèmes la dernière partie du passage du nord ouest pouvant nous mettre en difficulté en matière de glaces, et nous passons le Cap Barrow le matin du 09 septembre.

A midi nous arrosons cela en débouchant (et en savourant pleinement bien qu’assez rapidement) la bouteille de vin blanc que Philippe Poupon nous avait offerte à Savissivik (nord Groenland), pour être bue en cette occasion.

 

Nous quittons ainsi la Mer de Beaufort pour entrer dans la Mer des Tchouktches (Chukchi Sea) qui s’étend pour sa partie est, du Cap Barrow au Détroit de Bering. 

Un vent favorable et musclé nous propulse à bonne vitesse jusqu’au Détroit de Bering (qui sépare la Sibérie de l’Alaska et est large d’environ 40 Milles) que nous franchissons le 13 septembre. 

Nous apercevons les deux îles Diomède situées au milieu du détroit : la Petite Diomède est américaine et la Grande Diomède est Russe, et elles ne sont séparées l’une de l’autre que par un passage de 4,3 km de large environ.

On aperçoit également au loin les côtes de Sibérie, à environ 30 milles de notre position. Cela fait un peu bizarre de voir la Sibérie à l’ouest.

Le franchissement du Détroit de Bering marque la fin du passage du nord ouest et pour nous la réussite de notre projet (congratulations, …merci)

A midi nous arrosons cela en débouchant (et en savourant pleinement bien qu’assez rapidement) la bouteille de Champagne qu’Arnaud nous avait offerte pour être bue en cette occasion. (oui je sais, c’est un « copier-coller », c’est exprès).

Nous sommes maintenant en Mer de Bering, qui s’étend vers le sud jusqu’aux îles Aleoutiennes, et il nous reste environ 100 Milles à parcourir pour finir cette étape jusqu’à Nome,  qui sera notre port d’entrée en Alaska et donc aux Etats Unis.

 

Nous arrivons à Nome le 14 septembre à 02h du matin (nous collectionnons les arrivées de nuit ….depuis qu’il fait nuit) et nous y retrouvons les voiliers Salty (Canada), Snow Dragon II (USA), Bagheera (Pays Bas)  déjà rencontrés au cours du passage, ainsi que Hawk (USA) que nous avions aperçu à Tuktoyaktuk lors de sa très brève escale pour y faire de l’eau et du gasoil. Il n’y a pas d’autres voiliers dans le port.

Les formalités d’entrée sont rapidement expédiées grâce à l’officier d’immigration-douanier-etc le plus speedy et le plus sympa de l’Ouest qui s’inquiète seulement de savoir si nous avons un visa US (il en faut un si on vient en bateau privé, la procédure d’exemption de visa « ESTA » ne s’applique que pour les arrivées par compagnie aérienne ou maritime) et ne nous demande rien pour le reste (alcool, tabac, armes …) et du reste ne souhaite pas venir à bord.

A Nome nous retrouvons enfin des bars, puisque dans tout l’Arctique Canadien et la côte nord de l’Alaska, c'est-à-dire sur la totalité du passage du nord ouest, la vente d’alcool est strictement interdite en quelque lieu que ce soit. 

Le lendemain de notre arrivée les voiliers qui nous précédaient partent en direction du sud chacun vers sa propre destination pour l’hiver qui approche.

Deux jours plus tard nous voyons arriver le voilier canadien « Drifter Way » et son skipper, le Canadien Robert Graf en solitaire qui paraît bien fatigué (…. normal !) et marqué par son passage du nord ouest, le bateau lui aussi a souffert : il a heurté violemment la glace dans Victoria Strait et son pavois bâbord est arraché sur 1,50m environ. Heureusement le bateau en polyester massif a été construit très solidement.

Avec Drifter Way cela fait au total 8 bateaux qui, à notre connaissance, ont réalisé la totalité du passage du nord ouest cette année dans le même sens que nous . Sans compter donc le Hongrois « Maia » qui s’est arrêté à Tuktoyaktuk pour l’hiver, n’ayant pas de visa pour les USA.

 

La création de Nome résulte d’une ruée vers l’or qui a commencé en 1899 suite à la découverte d’or dans les environs et dans le sable de la longue plage qui borde le rivage. Plusieurs milliers de personnes y arrivèrent alors.

 

En 1925 la cité de Nome fait à nouveau parler d’elle du fait d’une épidémie de diphtérie qui se propage à travers la population. Le seul moyen d’acheminer le sérum pour endiguer l’épidémie sera l’utilisation des chiens de traîneau. Les équipages de chiens et leurs mushers se relaieront jour et nuit de village en village dans des conditions climatiques très difficiles, pour accomplir 674 Miles (1.100 km) en 128 heures. Plusieurs chiens y laissèrent la vie. Pour leur rendre hommage et les représenter on prit pour héros Balto, le chien de tête du dernier relais. Balto a maintenant sa statue à New York, et cet exploit qui a été appelé « the race against death » (la course contre la mort) a fait l’objet de films documentaires et d’un dessin animé.

Une course de chiens de traîneaux, l’une des plus longues et plus dures au monde ,« the Iditarod race » a lieu chaque hiver entre Anchorage et Nome pour commémorer cela.

 

Aujourd’hui Nome connaît toujours la fièvre de l’or, et l’on peut voir sur le port et les alentours toutes sortes de machines « infernales» issues de l’imagination débridée des chercheurs d’or, sous la forme de barges en tous genres et de toutes tailles équipées de suceuses ou de pelles mécaniques, de machines sur chenilles roulant sur le fond en mer peu profonde, etc..

Il y a aussi quelques bateaux de pêche à Nome.

 

Nome fût pour nous une escale intéressante de transition vers un « retour à la civilisation », avant d’atteindre les Aléoutiennes et notre escale suivante : Sand Point.







Back to Top

You would like a tattoo ZM Free Spirit Tattoo Tatuaje Tatouage Aljezur Portugal