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Le Départ 26-05-2015

Molene - Bere Island 29-05-2015

Bere Island - Dublin 31-05-2015

Cap sur Greenland 05-06-2015

De Nuuk à Sisimiut 04-07-2015

De Sisimiut à Ilulissat 18-07-2015

Toujours plus nord 29-07-2015

Cap sur le Canada 11-08-2015

Resolute - Gjoa Haven 16-08-2015

Gjoa Haven-Cambridge Bay 23-08-2015

Cambridge-Tuktoyaktuk 28-08-2015

Tuktoyaktuk-Nome 05-09-2015

Nome - Sand Point 17-09-2015

En guise de conclusion 11-10-2015

Toujours plus nord


 


De Ilulissat à Upernavik  (18/07– 23/07/2015)

 

L’équipage se compose maintenant de Jean-Michel, Patrick et Lannig.

Départ d’Ilulissat prévu le 18/07 toujours en direction du nord, mais au matin la glace nous surprend en envahissant progressivement le port et surtout en bloquant quasiment l’entrée (et donc la sortie) du port.

Nous attendons donc en observant l’évolution et en observant également les bateaux locaux : peu de mouvements ce jour dans un port ordinairement plutôt animé.le port d'Ilulissat

Dans le courant de l’après-midi la situation évolue un peu, nous sommes un samedi et certains voulant à tout prix profiter du week end pour pêcher la morue ou chasser le phoque tentent une sortie ; quelques uns font rapidement demi tour, d’autres insistent et semblent trouver des passages au prix de quelques chocs.

Nous sommes amarrés à couple d’un petit caboteur et vers 17 heures son patron nous indique qu’il va sortir (avec des passagers, sans doute pour leur donner une idée de la navigation dans ces conditions de glace ; il fait grand beau temps et le spectacle est magnifique). Nous décidons de saisir cette opportunité pour quitter Ilulissat en le suivant de près et profiter ainsi de la voie qu’il nous ouvre.

Après environ deux heures de navigation dans son sillage au ralenti dans les glaces et en zig zag pour éviter les plus gros glaçons et en poussant d’autres, il s’arrête pour nous indiquer la meilleure route générale à suivre pour atteindre l’eau libre, car lui rentre au port.

Jean-Michel grimpe alors au mât, et assis sur les barres de flèche, guide le barreur à travers ce champ de glaces. Nous atteindrons ainsi l’eau libre après une heure et demie environ, et pourrons à nouveau faire route au nord en contournant l’ile Disko par l’est en empruntant le chenal Vaigat qui la sépare de la côte.

 

Notre première escale après quelques heures de navigation dans un épais brouillard (à veiller les nombreux icebergs en s’aidant du radar) sera le mouillage désert de Nussuaq à 70° 42’ de latitude nord pour une seule « nuit » (il fait toujours jour) sans descendre à terre.

Nous en repartons le matin du 20/07 pour atteindre en soirée le très beau et très calme mouillage de la petite baie de Tasiussap Imaa (près du petit fjord d’Arfertuarssuq par 71° 26’ Nord)) entourés de nombreux icebergs de toutes formes. Nous y restons deux nuits et une journée entière en attendant le vent favorable de sud prévu le 22.

Ballade à terre dans l’ancienne vallée glaciaire, nous apercevons (de loin) un renard polaire (Alopex lagopus), et trouvons de nombreuses traces récentes de bœufs musqués  (Ovibos moschatus), sans les voir malheureusement.

 

Départ le 22 juillet pour Upernavik avec un vent favorable de sud, forcissant sérieusement dans certains passages entre les îles.

Nous arrivons le 23/07 à 02 heures du matin dans le petit port d’Upernavik où Vincent nous rejoindra le lendemain par avion.

Upernavik (1200 hbts) est le dernier village important lorsqu’on remonte vers le nord, mais il n’y a pas d’hôtel ni d’accès public à Internet. C’est aussi le dernier endroit où l’on peut encore faire quelques approvisionnements d’importance avant de traverser vers le nord canadien.

 

Nos escales : 

18 juillet : Départ d’Ilulissat

19 juillet : Nuussuaq

20 & 21 juillet : Tasiussap Imaa

23 juillet : Arrivée à Upernavik



Upernavik – Kullorssuaq

 

Départ d’UPERNAVIK le 26/07 à 10 h avec l’équipage au complet prévu pour le passage. Pas un nuage, pas  un souffle de vent et un océan d’icebergs sagement rangés, attendant qu’on les admire avant d’être avalés par les eaux polaires.

Route au moteur, TIAMA, transformé en caboteur du cercle polaire, arrive à TASIUSSAQ en fin d’après-midi. Le temps de mouiller, de partir en reconnaissance, nous posons un filet à l’entrée du port en observant les Inuits donner à manger à leurs chiens de traîneaux, hurlant à leur approche. Le lendemain plein de gasoil au quai sous le regard ébahi des  enfants.

Départ le 27/07 à 11 h pour NUSSUAK, toujours le même temps : ciel bleu et calme plat. Toujours au moteur, le trans-arctique TIAMA continue sa route vers le nord. Arrivée au port vers 21h30 avec beaucoup de vie à terre : les enfants escaladent tous les objets hétéroclites laissés sur la grève : tractopelle, coques open, réfrigérateur, groupe électrogène, poussette, squelette de Narval…

Le 28/07, après une douche à la maison des services, et une petite virée sur internet, départ vers 11h15 pour KULLORSUAQ. Notre trans-arctique TIAMA continue sa route au moteur vers le Nord, par un temps anticyclonique à faire pâlir tous les Lampaulais. La route serpente parmi tout ce monde des glaces si particulier, évoquant toutes les formes possibles : Ferry de la Brittany, morse tapi au sol, oreilles de Mickey, momie, cygne, chien de traîneau, escalier en colimaçon, tour de Babel, bateau sous spi,…Arrivée à KULLORSUAQ (74°35N, 57°10W) vers 18h30 suivi de patates au lard et pêche à la morue pour lutter contre le scorbut, carton plein comme d’hab.


Nos étapes :

• 26 juillet : Départ d’Upernavik

• 26/27 juillet : Tasiussaq

• 27/28 juillet : Nussuaq (Kraulshavn)

• 28 juillet au soir: Arrivée à Kullorssuaq



Kullorssuaq-Savissivik 

 

Après une escale de 48h à KULLORSUAQ, où le plein de vivres et de gasoil a pu être fait, on lève l’ancre vers 13h30 suite à la visite de 2 pêcheurs inuits très intéressés par TIAMA. L’un d’eux nous montra sa lance-harpon se terminant par une lame effilée qui lui sert pour tuer le narval. Il nous montre également, très fier, sa casquette du golf club de Paris. Nous n’avons jamais compris qui avait pu lui donner cela.

Le temps est toujours au beau fixe, mais l’absence de vent est totale, aussi le trans-arctique TIAMA poursuit sa route au moteur en se faufilant entre les cathédrales de glace de plus en plus espacées dans ce décor d’un autre monde. Nous arrivons aux îles Sabines vers 04h locales le 31/07, jour anniversaire de Lannig. Quel plus beau cadeau que de voir le soleil de minuit briller en plein nord ! Au petit matin il en est encore tout émerveillé. Après quelque repos, visite de l’île perdue de la baie de Melville, où nous pouvons admirer toutes sortes d’oiseaux : les goélands Sabine, des canards (eiders), des guillemots miroir, des sternes arctiques. 

L’après-midi, pêche à la morue mais bredouille sur toute la ligne, à la dandinette et au filet, puis super dîner réalisé par Patrick pour l’anniversaire du soixantenaire : gâteau au chocolat et hachis parmentier avec du singe tout frais sorti de la boîte, le tout arrosé d’un superbe St Emilion 2001 avec apéritif au ty punch et digestif  à l’eau de vie de poire, bref de quoi bien dormir pour le restant de la nuit.

Départ vers 07h le lendemain matin, mais là ho surprise un léger zéphyr faisait frémir la grande bleue. On a pu ainsi hisser les voiles, mais quelques heures plus tard, on dut faire appel à la mécanique pour avancer sur notre route vers SAVISSIVIK. Le trans-artique TIAMA continuait son chemin vers le nord  ouest, se rapprochant inexorablement de l'objectif. Au fur et à mesure qu'on s'approchait de la côte, de formidables cathédrales de glace montent la garde pour nous empêcher d'aborder, c'était mal nous connaître...

Vers 23h30, on arrivait devant le village de SAVISSIVIK, pas âme qui vive mais des vols de "mérules" par milliers qui s'amusaient à passer au raz de l'eau entre les icebergs, avec des battements d'ailes pour prévenir les poissons.


Nos étapes :

• 30 juillet : départ de Kullorssuaq

• 31 juillet : Iles Sabine

• 01 août :  arrivée à Savissivik



Savissivik du 02/08/2015 au 08/08/2015


Dimanche 2 août, visite du village, entretien du bateau (couture dans la GV) et plein d'eau par jerrikans; malheureusement nous devons attendre le lundi pour le plein de gasoil. Néanmoins, pour nous consoler, nous avons droit au dîner du dimanche soir: Ricard suivi d'un confit de canard pommes de terre rissolées. et tout ceci dans un calme plat seulement troublé par le bruit sourd des icebergs qui changent de costume grâce à une fonte continue. On entendait également le vol des mergules tel un courant d'air au ras de l'eau, et les hurlements des chiens de traineaux dans l'attente de leur repas quotidien.

Lundi 3 août, nous commençons la journée par la corvée du plein de gasoil à l'aide de jerrikans dans l'annexe, et poursuivons par la visite à la maison commune, dans laquelle se trouve machine à laver, douche et internet à la disposition des habitants. Nous en profitons pour faire une visite approfondie du village, qui compte une trentaine de maisons, soit environ 60 à 70 habitants. Des chemins de terre ou de planches de bois relient chaque maison entre elles, autour desquelles jonchent une quantité de choses invraisemblables: moteur hors bord à moitié désossé, poussette de bébé, bidons en tout genre, des bouts de toutes sortes, des sangles, des planches de bois ou d'acier, des outils en ordre dispersés (pinces, haches, tournevis...), des articles de pêche (filets, ligne de pêche, hameçons,...). Au milieu de tout cet incroyable débarras, on pouvait également voir des têtes d'ours et mieux encore des peaux d'ours, et des morceaux de narvals en cours de séchage posés délicatement sur des tréteaux spécialement positionnés à cet effet. Les maisons sont faites en bois de différentes couleurs, surélevées pour éviter le sol glacé, ce qui n'empêche pas le vent de s'engouffrer dans les ouvertures. A l'écart du bourg, règne la maison principale accueillant la centrale électrique au fuel, afin d'alimenter tout le village, et sur les hauteurs, surplombent le cimetière avec ses tombes trés joliment décorées de fleurs éternelles couleurs plastique, et la magnifique antenne parabolique permettant les liaisons satellites, version inuit 2015.

Sur le haut de la grève, une dizaine de bateaux en piteux état de fonctionnement, et 6 bateaux au mouillage prêts à appareiller.

Mardi 4 août, après la visite matinale sur internet où nous voyons que le passage du NW est toujours bien bloqué, nous décidons d'attendre ici que les choses évoluent favorablement, d'autant que le temps ne s'annonce pas clément durant la travaersée. Le temps est toujours splendide, sans un souffle de vent, et les icebergs en profitent pour faire admirer leur parure au soleil. Le vent devant tourner à l'est, nous en profitons pour changer de mouillage. Dans l'après-midi, balade en bateau dans le fjord voisin et visite au pied d'un glacier, grandiose...

Retour au village ou nous mouillons un bout à terre par sécurité car la tenue du fond est trés incertaine. Le soir nous profitons de la rentrée des pêcheurs pour acheter un bon quart de phoque.

Mercredi 5 août, arrivée de la pluie avec le vent d'est, la température descend immédiatement, et nous procédons à des essais de poêle, mais détectons un problème. Les autres bateaux de pêche se mettent également à l'abri dans notre secteur, et l'un d'eux prend notre bouée d'aurin pour faire son point fixe de va et vient. Nous sommes oblgés d'aller à terre à la recherche du propriétaire, afin de lui signaler qu'en cas de départ intempestif de notre part nous serons obligés de larguer son mouillage. Nous le trouvons enfin, et sans problème aucun il se met ailleurs.

Les inuits en général sont trés sympas et nous font des signes d'amitié dès qu'ils ont un peu bu, par contre ils ne prennent absolument pas soin de leurs affaires et par exemple losqu'ils bricolent leur moteur, ils laissent tous leurs outils en plan sous la pluie, les abords de la grève deviennent de vraies déchetteries.

Jeudi 6 août, mauvais temps et la journée est occupée à détecter la cause du dysfonctionnement du poêle, mais sans résultat probant encore. Nous profitons de ce mauvais temps pour se remettre à niveau au tarot et entamer par la suite un tournoi impitoyable, après un dîner de roi, où Patrick nous a cuisiné une excellent plat de côtes de phoque, un vrai régal pour les dents du fond. Grâce au parc marin on pourrait faire un commerce de viande de phoque et créer ainsi des emplois...

Vendredi 7 août, le vent s'est calmé et nous revoilà à notre mouillage initial, descente à terre et ô surprise, la "Fleur Australe" de Poupon vient mouiller non loin de nous. Les voilà tous à terre avec les 4 enfants sous l'oeil de la caméra de la belette du bord, qui n'en perd pas une miette. Ils remontent en famille jusque dans le nord du Groenland, car ils font un film pour TF1.

Après manger, Philou, vient trés gentiment à bord nous rendre visite et nous apporter une bouteille de vin et nous demander si nous avons besoin de quelque chose. Il était à peine parti qu'un iceberg proche de notre mouillage s'effondre et commence à dériver vers nous, nous réussissons à lever l'ancre de justesse, avant qu'elle ne soit avalée goulûment par ce glaçon.



Samedi 8 août Tiama prend la mer pour le détroit de Lancaster.





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