Le projet
Le bateau
Les hommes
Le budget
Préparatifs
Partenaires
Le voyage
2016
2017
2018

LE PROJET

Contexte


• Historique


L’intérêt d’une route maritime permettant de relier l’océan Atlantique au Pacifique en contournant le continent Américain par le nord est apparu dès la fin du 15e siècle pour trouver une route directe vers l’Orient.
La première tentative confirmée est celle du Vénitien Giovanni Caboto en 1497, au service du roi d’Angleterre. De nouvelles expéditions eurent lieu à partir des années 1570. Pendant plus de trois cents ans plusieurs explorateurs vont chercher ce passage au prix de nombreuses vies humaines et de naufrages.
L’expédition de l’Anglais John Franklin reste la plus connue pour la perte de ses deux navires HMS « Terror » et HMS « Erebus » pris dans les glaces en 1846 dans le passage près de l’île du Roi Guillaume, entraînant la perte de la totalité de ses équipages dans les deux années suivantes, morts de faim et de maladies, alors qu’ils tentaient de rejoindre le continent en traîneau.
Néanmoins ces expéditions ont permis de reconnaître et d’explorer les îles de l’Archipel Arctique Canadien.
C’est finalement le Norvégien Roald Amundsen qui sera la premier à franchir de 1903 à 1906 (trois hivernages) le Passage du Nord Ouest sur le « Gjoa », bateau de pêche reconverti, de 21 m de long et de faible tirant d’eau, et avec un équipage de seulement six hommes.
Concernant les temps plus récents, en particulier depuis 1977 et le passage de Willy De Roos sur son voilier en acier Williwaw, plusieurs voiliers (une quarantaine peut-être) ont réussi à franchir le passage profitant de conditions glaciaires en général plus clémentes du fait du réchauffement climatique.
 

• Souveraineté
 

La souveraineté sur ces eaux est contestée. Le gouvernement canadien considère ce passage comme faisant partie des eaux intérieures du Canada, ce que certains pays comme les États-Unis contestent, considérant ce passage comme un détroit international avec libre passage.
 

• Navigation commerciale
 

On peut estimer que l’intérêt du Passage du Nord Ouest pour la navigation marchande restera limité pour de nombreuses années encore.
Le premier voyage commercial effectué par un cargo de gros tonnage a eu lieu pendant l’été 2013. Il s’agit du « Nordic Orion », navire à coque renforcée de 225 m de long, transportant du charbon, en provenance de Vancouver et à destination de la Finlande.
 

Extrait du journal Libération du 10 octobre 2013 :


Le passage du Nordic Orion préfigure-t-il une future autoroute maritime polaire ?
Frédéric Lasserre, géographe à l’Université Laval au Québec, spécialiste de la géopolitique de l’Arctique, est sceptique.
« Passer par le Nord-Ouest est certes plus facile qu'autrefois pour les navires qui n'ont pas une coque renforcée, mais ça ne veut pas dire que c'est facile. Cela exige un équipement spécifique, un équipage qui connaisse l'Arctique et un coût d'assurance accru. »
Surtout, le rapport coût-bénéfice n'est pas si évident pour les transporteurs.
« Comme la fenêtre de navigabilité est difficile à prévoir et que la glace bouge, il y a une grosse part d'incertitude dans le temps de transport. Si, comme le Nordic Orion, on transporte du charbon, ce n'est pas bien grave. Mais pour les conteneurs, les transporteurs vendent aussi une date précise de livraison. Ils ne peuvent pas se permettre d'aléas. »

 

Sans parler du manque d’infrastructures (pas de véritables ports, brise-glaces canadiens peu nombreux et vieillissants) et des risques de pollution en cas de d’échouage ou de naufrage dans des eaux où l’on ne peut intervenir qu’un mois ou deux dans l’année et dans des conditions difficiles.
Le Passage du Nord Ouest n’est pas « balisé » contrairement à celui du Nord Est au nord de la Russie, où un service de brise-glaces permet aux navires marchands de naviguer en convois sécurisés pendant une bonne partie de l’année. Il y a de nombreux canaux souvent mal hydrographiés, et plusieurs alternatives de route. Ce sont en fait les conditions météo et notamment la formation et la dérive des glaces qui dictent la route à suivre.

Notre programme :


Départ de Bretagne prévu mi-mai pour atteindre le sud du Groenland, après une courte escale en Irlande.
Puis route au nord, vers la Baie de Baffin en suivant la côte ouest du Groenland (la côte Canadienne restant beaucoup plus longtemps encombrée de glaces).
Ensuite, vers la fin juillet commencera l’aventure proprement dite : profitant du cours été Arctique, et au fur et à mesure de la fonte des glaces, nous devrions pouvoir quitter le nord de la Baie de Baffin et nous engager dans le Passage du Nord Ouest en faisant route vers l’ouest pour pénétrer dans l’Archipel Arctique Canadien par le détroit de Lancaster, avant de redescendre vers la côte nord du Canada, puis de la longer vers l’ouest pour continuer le long de la côte nord de l’Alaska qui borde l’Océan Glacial Arctique.
Si tout va bien nous espérons passer le détroit de Bering qui marque l’entrée dans l’Océan Pacifique en même temps que la fin du Passage du Nord Ouest, vers la mi-septembre, et atteindre les îles Aleoutiennes, étape finale de notre périple, vers la fin septembre.
 
Ceci représente un parcours total de plus de 6000 milles nautiques (11.000 km), sur une période de plus de quatre mois.
Le Passage du Nord Ouest proprement dit (de la Baie de Baffin au détroit de Bering) s’étend sur quelques 2.600 milles nautiques, à réaliser en une quarantaine de jours maximum pour ne pas risquer d’être pris dans les glaces.
 

Les principales difficultés :


• Glaces
 

Malgré le réchauffement climatique qui est bien réel sur le long terme, les conditions de glace dans le Passage du Nord Ouest varient fortement d’une année à l’autre.
C’est ainsi que pendant l’été 2014, la glace est restée bien présente et la plupart des voiliers qui tentaient la traversée ont dû abandonner leur projet et faire demi-tour pour ne pas être piégés par les glaces.
En théorie, dans la zone qui nous intéresse, la mer dégèle pendant quelques semaines en août/septembre, mais dans les faits les glaces dérivantes qui persistent ou viennent de régions plus nord, se déplacent en permanence et rapidement au gré des vents et des courants, venant de façon difficilement prévisible localement, bloquer les chenaux du Passage.
 

• Météo
 

Les conditions météo varient localement et rapidement. Elles sont liées à l’influence de petites cellules anticycloniques ou dépressionnaires aux évolutions et déplacements bien plus difficiles à prévoir que les grands flux de nos régions.
Les coups de vents violents et soudains peuvent succéder sans prévenir à des journées de beau temps calme.

• Cartographie, hydrographie
 

Les chenaux que nous devrons emprunter, et qui ne sont pas forcément ceux empruntés par de plus grands navires (rares) sont souvent peu profonds et très mal hydrographiés : sondes inexistantes ou très anciennes, positions erronées sur les cartes, entraînant des risques importants d’échouage (sur la cartographie numérique associée au GPS on navigue parfois sur les terres).
 

• Magnétisme
 

Le pôle Nord magnétique se trouvait situé en 1975 au niveau de l’île Bathurst, dans l’Archipel Arctique Canadien en bordure du Passage du Nord Ouest. Il se déplace actuellement vers le nord/nord-ouest dans l’Océan Glacial Arctique, en direction de la Sibérie.
Sa position relativement proche de notre route rend le compas magnétique inopérant sur une grande partie du Passage, ce qui empêche également l’utilisation du pilote automatique, nous obligeant à tenir la barre, exposés aux intempéries, au froid et à une fatigue supplémentaire.
 

• Isolement
 

Le Passage du Nord Ouest se situe évidemment dans des régions inhospitalières, peu accessibles d’où une très faible densité de population. Seuls quelques villages Inuit se situent en bordure du Passage.
Il ne faut donc pouvoir compter que sur soi pour faire face à d’éventuels problèmes concernant le bateau (casse matérielle, mécanique, échouage,…) ou l’équipage (accident, maladies,..)
D’où la nécessité d’une bonne préparation d’une part, et d’une navigation prudente d’autre part.


Back to Top

You would like a tattoo ZM Free Spirit Tattoo Tatuaje Tatouage Aljezur Portugal